
Il y a quelques temps dans un article, j'avais rendu hommage au talent de Patrick Dewaere (voir ici), et je vous avais déjà parlé de mon coup de coeur pour un de ses films en particulier..."Coup de tête". Cette comédie dramatique mérite de figurer parmis mes films "culte". Produit en 1978 et réalisé par Jean-Jacques Annaud, "Coup de tête" raconte les déboires de François Perrin, un ouvrier, footballeur dans un petit club amateur, et injustement accusé de viol. Comme à Trincamp tout est lié...le foot, l'usine...la vie, il va faire les frais d'une conspiration visant à préserver l'attaquant "vedette" du club à ses dépends. Si le scénario de ce film est sympa, ce film brille avant tout par la présence de Patrick Dewaere. Il incarne un de ses rôles fétiches de looser paumé arrogant parfois...mais dans le fond toujours sentimental. Au bout du compte...le héros sera réhabilité par celle qui l'accusait de viol et un soupçon d'idylle naîtra même entre eux. Ceux qui ont tout fait pour le mettre sous les verrous le porteront aux nues quand il aura marqué les deux buts de la victoire du club local en Coupe de France...Et Patrick Dewaere pourra alors savourer une douce vengeance. "Coup de tête" est un savant mélange d'amour et de fait divers avec en toile de fond l'univers du foot amateur. L'acteur des "valseuses" enfile comme un gant son personnage récurrent de "tête à claque" au finish si attachant. Jean-Jacques Annaud dresse un portrait sans fioriture du milieu footbalistique amateur français des années 70/80...ses pots de vin, ses priviléges, et tous les parasites gravitant autour. J'insiste aussi sur la qualité de la bande originale composée par le regretté Pierre Bachelet. L'air sifflé revient réguliérement et colle tellement bien à la personnalité de Patrick Dewaere..., qu'il est pour moi impossible de dissocier les deux. J'entonne réguliérement cet air et c'est un Patrick Dewaere nonchalant et determiné que je vois avec son parca vert kaki déambulant dans les rues de Trincamp...frôlant les vitrines des personnalités de la ville...incrédules et apeurées. Cet air m'est surtout familier dans les moments où rien ne va et où je m'autorise à penser "Allez tous vous faire f.....!!!". A noter dans le casting de "Coup de tête" une myriade de comédiens talentueux tels que Jean Bouise, Paul Le Person, Michel Aumont, Gérard Hernandez, Bernard-Pierre Donnadieu...et enfin et surtout le merveilleux Robert Dalban...tous des "gueules" du cinéma français. Simple mais profond, grâve mais gai, déjà vieux mais jamais dépassé ni démodé..."Coup de tête" a sa place au panthéon de mes films "culte"...Sans nostalgie aucune ce film représente le cinéma français que j'aime et que j'aimerais revoir plus souvent...
Mes scènes favorites :
- lorsque François Perrin, (Patrick Dewaere) alors qu'on vient le sortir de prison pour aller jouer en Coupe de France, explique au directeur de prison et au président du club de foot qu'il ne veut pas en sortir. En s'accrochant à la grille il crie au directeur de la prison qu'il reviendra, et ce dernier lui rétorque "Surement pas !"
- la scène du repas qu'il offre aux différentes personnalités de la ville, du club et de la police avec sa prime de match. Ceux là même qui l'ont mis en prison et à qui il va lever son verre non sans leur dire leurs quatre vérités.
- la scène de fin où il longe les trottoirs de la ville pour assouvir la vengeance qu'il avait promis lors du repas offert aux différents protagonistes de l'histoire. Il ne fera rien de ce qu'il avait envisagé...mais son indifférence et l'ignorance qu'il leur renvoie n'est elle pas la meilleure des vengeances en cette circonstance?

"Coup de tête"...ou vengeance prémeditée ?
Par Pierre Troestler
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J'ai vu ce film de nombreuses fois...sans faire d'overdose. Sorti en 1996 (eh oui déjà 10 ans), ce film coincide avec une époque de ma vie assez floue où je me perdais dans les vapeurs d'alcool
des nuits sans fin. L'identification avec le personnage principal prenait alors tout son sens (STOP ! je n'en dirai pas plus). Trainspotting, réalisé par Danny Boyle marque le
début des comédies tragi-comiques britanniques sur fonds de misére sociale (The Full Monty, Les virtuoses...Billy Elliott). C'est aussi ce film qui m'a fait découvrir l'acteur Erwan McGregor
magnifique dans le rôle de "Mark Renton". Ce film raconte l'histoire de cinq junkies écossais dans la sinistre et misérable "Edimbourg". Il y a "Begbie" le psychopate incarné par Robert Carlyle
impressionnant dans ce rôle à contre emploi, "Sick boy" le "looser branché" dont les seules passions sont l'héroine et Sean Connery, Tommy le sportif qui finira par sombrer dans la déchéance
liée à la drogue, "Spud" maniaco dépressif légérement naif mais tellement attachant...et Mark Renton. C'est à travers ce personnage de "Mark Renton" que nous suivons les tribulations de ces
cinq amis. Mark Renton est un jeune homme issu d'un milieu populaire, accro à l'héroine, sans but précis, sans travail et refusant le modéle de vie que lui renvoie la génération de ses parents.
Ce qui le caractérise de ses comparses, c'est sa volonté de se sortir de l'enfer de la drogue et d'évoluer socialement. Classique jusque là me direz vous...Oui mais ce qui est
moins classique, c'est le rythme de cette comédie...Un rythme soutenu de bout en bout qui laisse le spectateur toujours dans l'attente de la scéne suivante. Le réalisateur parvient à nous faire
passer du rire aux larmes en moins de temps qu'il ne faut pour le dire. Il n'hesite pas à employer des images "choc" pour provoquer chez le spectateur des réactions sur ce que représente
l'aservissement à l'héroine (scéne où mark Renton découvre le bébé d'une amie "accro" mort dans son lit). Lorsque Mark s'injecte une intra-veineuse, on ressent en même temps que lui les
moments d'extase que ressent tout héroinomane ("10 000 fois mieux que le sexe"...je cite)...puis son difficile retour au quotidien...et sa déchéance. La bande sonore du film enfin est
magnifique...On passe de la techno à Iggy Pop...et on adore le magnifique et mélodieux "Perfect day" de Lou Reed lorsque notre "héros" se paie une overdose en guise de mauvais trip.
Trash, violent, arrogant...divin et sublime, "Trainspotting" parvient à nous transporter dans l'âme d'un junkie sur la voie de la rédemption sans jamais sombrer dans le cliché. Un grand
bravo à Danny Boyle et aux comédiens...qui partis d'un sujet aussi lourd et glauque que l'accoutumance à l'héroine ont réalisé un chef d'oeuvre de fraîcheur et un grand moment de cinéma !
Mes scènes favorites :
- lorsque "Spud" éclabousse malencontreusement sa belle famille de ses éxcréments lors du petit déjeûner, aprés s'être oublié dans son lit suite à une nuit trop alcoolisée.
- lorsque "Mark Renton" s'injecte une dose d'héroine qui le ménera à l'overdose sur la superbe chanson "Perfect day" de Lou Reed.
Par Pierre Troestler
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1936...âge d'or du cinéma français...période entre deux guerres...ajoutez à celà un Jean Gabin au sommet de son art et vous obtenez "La belle équipe", un film de Julien Duvivier magnifique tant
dans la légereté que dans l'intensité dramatique. L'histoire est on ne peut plus classique, cinq amis chômeurs gagnent le pactole au loto et décident de bâtir et gerer une guinguette au bord de
l'eau. Sujet toujours d'actualité, l'argent facile pour assouvir tous ses rêves, puis le revers de la medaille, l'amitié qui s'éffrite...et toutes les désillusions que celà entraîne. L'argent
comme catalisateur de tous les excés devient dans les mains de ces cinq amis un poison dangereux, voir mortel...Jean Gabin est sublime dans son rôle d'ami à la fois macho, dur...mais loyal.
Charles Vanel est pitoyable mais si touchant parfois dans l'amour qu'il offre à Viviane Romance...une brune vénale et sulfureuse...mais tellement attirante. L'histoire de Duvivier coule comme un
beau dimanche ensoleillé. Les bords de Seine y sont enjoués et nous raménent à une époque où il faisait bon vivre...Toute cette atmosphére est rendue aussi par le choix des musiques qui
accompagnent les images, et notemment le célébre air chantonné par Jean Gabin lors de l'inauguration de sa guinguette...Ah quand on s'proméne au bord de l'eau...
J'ai vu ce film pour la premiére fois étant enfant et je le revois toujours avec énormément de plaisir. Ce film dégage énormément d'émotion, et il propose une deuxiéme fin alternative
(moins dramatique), chose à mon sens trés inovateur à l'époque. Je ne peux que vous conseiller de vous procurer ce film, car la télevision diffuse hélas de moins en moins ces films anciens.
Il faut le voir, le diffuser, le revoir...pour qu'il ne devienne jamais un chef d'oeuvre en péril !
Mes scénes favorites :
- le jour de l'inauguration de la guinguette lorsqu'un des cinq amis dansant sur le toit, ivre de bonheur et de vin, chute griévement sur le sol sur fonds de musique de bal et de flonflon.
- quand Jean Gabin entonne sa célébre chanson "Quand on s'proméne au bord de l'eau".
Un "Gabin" sublime...comme toujours !
Par Pierre Troestler
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Mon film culte par excellence...Midnight express de Alan Parker avec Brad Davis dans le rôle principal, sorti en 1978. Brad Davis incarne Billy Hayes, jeune resortissant américain arrêté à
l'aéroport d'Istambul avec quelques grammes de hashisch sur lui. Il va subir le poids de la politique turque "anti drogue" et servir d'exemple. Il sera condamné à la prison à vie. C'est le
calvaire de cet homme que nous allons vivre, sa volonté de s'en sortir tel un "Don Quichotte" se battant contre le moulin à vent qu'était à l'époque la justice turque. La violence des
prisons turques, la misére sentimentale et humaine des prisonniers est palpable et toute l'atmosphere du film est oppressante. On touche du doigt ce que c'est que vivre l'enfer surtout
quand cet enfer est lié à une injustice.
Ce fait réel est magistralement intérprété par un acteur sublime et trop méconnu...Brad Davis. Ce comédien hélas disparu à l'âge de 41 ans du sida en 1991, nous campe un Billy Hayes étonnant de
sincerité et de crédibilité. Son jeu oscille et évolue tout au long du film sur la gamme des sentiments et de nos émotions. Il est d'abord énervant en jeune américain prétentieux et sûr de sa
supériorité. il devient ensuite pathétique en prisonnier attendant une libération rapide illusoire...puis il nous émeut par sa volonté de s'en sortir, sa force et son courage quand la situation
devient desepérée. Enfin, il nous scotche littéralement quand il réussit à son sortir. Brad Davis atteint ici le sommet de son art..., il est ce que James Dean fut en son temps, un rebelle
en emprise totale avec ses émotions. Brad Davis fait dans Midnight Express ce que tout acteur rêve de faire en permanence...jouer sans surjouer. Il est juste et n'en rajoute pas sauf si
c'est nécessaire. Brad Davis nous fait toucher du doigt le calvaire de Billy Hayes et on subit avec lui toutes ces humiliations à la limite de ce qu'un homme peut endurer.
Bravo à Alan Parker de nous avoir rendu une atmosphére à la fois onirique, cauchemardesque et pourtant si réaliste...et à Brad Davis pour ne jamais tomber dans la facilité...châpeau bas Messieurs
!
Ce film m'a marqué aussi pour le choix de sa BO. Sublime musique de Giorgio Moroder. Je constate que mes films préférés sont souvent accompagnés d'une BO exceptionnelle. Quel délice d'ecouter le
CD de la BO du film et de se remémorer les passages marquant du film. Retrouver l'atmosphére d'un Istamboul sulfureux et presque sentir les vapeurs de hamam par le simple biais d'une musique.
Quel coup de force. Comme me l'a appris recemment un ami comédien, ce n'est pas un hasard si La BO de Midnight Express fut la premiére musique de film oscarisée...et ce alors que c'est une BO
entiérement synthétisée. Quel coup de force !
Bravo...Bravo...et encore bravo...
Bon je vous laisse...j'ai des choses à faire...je dois regarder un film...je crois qu'il s'intitule Midnight Express.
Mes scénes favorites :
- la scéne ou Billy Hayes tente d'échapper à ses gardes en début de film dans un Istambul surpeuplé. la course poursuite est rythmée par le sublime "Chase" de Moroder, et les ruelles
stambouliotes se transforment pour le héros en un labyrinthe inextricable.
-la scéne de fin ou Billy Hayes se retrouve enfin à l'air libre alors que tout semblait perdu. Ce qui se produit tient du miracle. Des années il a vécu l'enfer dans cette prison, et on se rend
compte que de l'autre côté du mur, la vie suivait son cours paisiblement. Il se retrouve dehors...il n'y avait qu'un mur à franchir...
Par Pierre Troestler
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"Chute libre" (Falling down en VO) réalisé par Joel Schumacher en 1993, avec dans le rôle principal Michael Douglas est un des films que j'ai aimé voir et que j'apprecie toujours de revoir. Quand
le personnage principal péte les plombs en début de film sous une chaleur accablante...le réalisateur réussit ainsi que Michael Douglas à me faire ressentir de l'intérieur les sentiments de ce
cadre quadragénaire en pleine dépression. Quand William Foster (Michael Douglas) abandonne sa voiture en plein embouteillage sur une autoroute américaine complétement bouchée, ce n'est que le
premice d'une longue descente aux enfers...d'une chute libre pour cet individu pourtant si ordinaire.
Comment les hasards de la vie peuvent faire sombrer un homme tout ce qu'il y a de plus ordinaire dans une escalade de débauche et de violence ? C'est ce que se film nous raconte. Michael Douglas
y est sublime dans un style de rôle qu'il affectionne. A la fois banal et sulfureux, il incarne un "William Foster" tour à tour pitoyable, touchant et effrayant.
Dans ce film, ce n'est pas l'aspect technique qui m'a plu bien que totalement maîtrisé...mais l'atmosphere régnante qui met le spectateur entiérement en prise avec l'action et les
sentiments ressenti par le forcené .
Alors un conseil...visionnez ce film...revisionnez le, mais n'oubliez jamais une chose...ce que vous verrez peut vous arriver à tout moment !!
Mes scénes favorites :
- la scéne de départ dans l'embouteillage ou on sent le stress du héros l'envahir, on sue avec lui sous cette chaleur suffocante
- la scéne au fast food, emblématique de notre société régulée, fermée sur elle même et ses principes. William Foster commande un petit déjeuner et la vendeuse lui explique qu'elle ne
peut pas lui donner car l'heure où elle peut servir un petit déjeuner est dépassée depuis 2 minutes. S'engage alors un dialogue de sourd entre Michael Douglas et cette caissiere trés
cartesienne qui comme le film va monter crescendo dans la violence.
Par Pierre Troestler
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